Site pilote en Hydrologie Régénérative au sein de la communauté de communes
Aménagement intégral en hydrologie régénérative sur un site pilote de 405 Ha en touraine
𝐔𝐧 𝐬𝐢𝐭𝐞 𝐩𝐢𝐥𝐨𝐭𝐞 𝐚𝐮 𝐬𝐞𝐢𝐧 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐂𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐚𝐮𝐭𝐞́ 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐞𝐬 𝐋𝐨𝐜𝐡𝐞𝐬 𝐒𝐮𝐝 𝐓𝐨𝐮𝐫𝐚𝐢𝐧𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐮𝐧 𝐚𝐦𝐞́𝐧𝐚𝐠𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐢𝐧𝐭𝐞́𝐠𝐫𝐚𝐥 𝐞𝐧 𝐡𝐲𝐝𝐫𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐞 𝐫𝐞́𝐠𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐯𝐞 💦
Sur la commune d’Orbigny en Touraine, l’exploitation agricole de Philippe B. s’étend sur 405Ha, en conversion bio et agriculture de conservation des sols, dont 126 ha de surfaces boisées. Le site est bordé par trois ruisseaux, ce qui en fait un secteur particulièrement stratégique.
Le projet s’inscrit dans le cadre d’un programme d’action mis en œuvre par la Communauté de Communes LOCHES SUD TOURAINE, déclaré d’intérêt général.
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Permalab a réalisé pour ce projet :
Une étude cartographique et hydrologique approfondie
Un design hydrologique et agroforestier
Le suivi de chantier : piquetage des ouvrages, lancement des travaux et réalisation des ouvrages « low tech »
Objectifs et contexte du projet
Les objectifs : favoriser massivement l’infiltration de l’eau, contrôler l’érosion, allongement dans le temps de transferts entre le bassin versant collecté et la ressource en eau.
Les intentions sont multiples :
– Recréer des zones humides et ses mulitples habitats,
– Repenser le paysage agricole pour ralentir, répartir, infiltrer et stocker l’eau dans le sol et la végétation en occupant un minimum de SAU (<10%),
– Proposer des pratiques agricoles pour régénérer les sols en lui rendant sa capacité d’éponge vivante,
Le tout pour faire de ce site un projet pilote intégrant de multiples aménagements en hydrologie régénérative connectés et pensés de manière holistique.
Diagnostic cartographique et terrain
Le travail sur le terrain a démarré à l’été 2025.
L’étude cartographique préalable nous permet d’appréhender la topographie du terrain : relief, pente, expositions…
Les cartes géolgiques et pédologiques sont étudiées pour saisir le contexte du projet.
Pendant 3 jours, nous parcourons le site et réalisons divers tests d’infiltration de surface et test bêche pour alimenter notre diagnostic agroécologique.
Nous relevons également des points géoréférencés ; buses, sorties de drain, canaux, fossés non répertoriés, zones d’accumulation d’eau, traces d’érosion et autres éléments qui vont nous aider dans la conception du projet.
Etude hydrologique
Suite à la visite terrain, nous approfondissons l’étude cartographique avec la définition des sous-bassin versants, les chemins de l’eau et réalisons un bilan hydrologique simplifié sur la base de deux scénarii de pluie et en utilisant la méthode du curve number.
Afin de calculer les coefficients de ruissellement et volumes ruisselés, nous avons utilisé la méthode SCS (Soil Conservation Service) du NRCS (Natural Resources Concervation Service) du département de l’agriculture des Etats-Unis. Le Curve Number reflète le taux de ruissellement ; la valeur 100 correspond à un ruissellement maximum.
Pour déterminer le Curve Number des différents bassins versants étudiés, nous avons croisés plusieurs données :
• le type de sol,
• l’occupation des sols,
• les données issus des test d’infiltration,
• la géologie,
• la pente
Sur cette base, nous préconisons de multiples aménagements. Les propositions sont affinées avec la coordinatrice du projet (Charlène) et le propriétaire (Phlippe). Ce travail est présenté en comité technique à divers acteur.ices du projet : agence de l’eau, service de la collectivité, DDT, maire du village…
Retour sur le terrain
Afin d’ajuster les propositions à la réalité du terrain, nous retournons sur site pour 4 jours.
Aménagement par aménagement, nous ajustons et redimensionnons les ouvrages proposés.
Nous rencontrons également lesa cteur-ices du territoires et faisons du repérage terrain.
Septembre 2026 : lancement des travaux
Nous avons d’abord priorisé le secteur de l’Héraudière pour cette première phase de travaux, sur l’un des trois sites des parcelles de Philippe B.
Malheureusement, la réglementation ne permettant pas d’intervenir sur tous les fossés agricoles de ce secteur, classé en zone potentiellement humide, nous avons donc travaillé sur deux talwegs secs dans un autre secteur ; la Renouardière.
Après une journée de repérage et de piquetage, deux équipes se sont réparti le travail : l’une à la pelle mécanique, l’autre mobilisant des techniques low-tech, réalisées à la main.
🚜 Côté pelle :
3,2 km de baissières réalisés ;
Élargissement d’un fossé collectant les eaux de drainage ;
Création d’une zone tampon.
🪵 Côté low-tech :
36 ouvrages réalisés dans les talwegs secs, en variant les techniques : comblement de ravines (gully stuffing), ouvrages dits en lasagnes inspirés des techniques mimétiques castor (terre, branchages verts et bois mort) et ouvrages en bois ;
15 redents en pierre dans les fossés récoltant les eaux de drainage amont.
🤝 Un chantier collectif, concret et apprenant !
À plusieurs moments de la semaine, des bénévoles curieux de découvrir ces techniques sont venus prêter main-forte à l’équipe low-tech.
Ce chantier illustre l’intérêt de combiner des interventions mécanisées et des ouvrages sobres fondés sur les processus naturels, pour agir à différentes échelles du paysage et redonner à l’eau sa place dans le fonctionnement des sols.
💧 Et maintenant, place à la suite : observer, suivre et apprendre de ces aménagements pour continuer à faire évoluer nos pratiques !