Étude globale en hydrologie régénérative à l’échelle d’une commune
Régénérer les Cycles de l’Eau à l’échelle d’une commune pour augmenter sa résilience.
Comme de nombreux territoires en France, la commune de Colomieu fait face à divers défis liés à la gestion de l’eau :
- Augmentation de la sécheresse des sols et aggravation des étiages de la rivière Agnin
- Risque d’inondation au niveau des zones d’habitation du village
- Ruissellement agricole et pertes en sols
- Dégradation des cours d’eau et zones humides
- Saturation du réseau pluvial
- Ilots de chaleur au sein du village
- Érosion de la biodiversité
Il devient alors primordial d’envisager le ralentissement, l’infiltration, la répartition et le stockage de l’eau à l’échelle de la commune. Une échelle différente de celle d’une parcelle, mais toujours le même triptyque eau-sol-arbre pour répondre aux problématiques de façon holistique !
superficie
Permalab a réalisé pour ce projet :
Un diagnostic basé sur des levés cartographiques et une analyse hydrologique et hydrogéologique
Un design hydrologique d’une zone humide, d’un bassin d’infiltration et l’aménagement paysager de la place de village
Des propositions de restauration d’un ruisseau et de sa plaine selon différentes approches
Analyse de la base de données existante et diagnostic de terrain
Au démarrage de cette étude d’envergure, nous réalisons les cartes habituelles : topographie, identification des bassins versants et sous bassins versants, simulation des ruissellements de surface…
Nous nous rendons rapidement sur place pour le diagnotic terrain. Pendant 3 jours, l’équipe a visité les 3 sites concernés, observé les chemins de l’eau et mené des premiers tests pour établir un diagnostic hydrologique :
* Observation des cours d’eau et mesure de débits
* Tests de sols bêche
* Caractérisation des cours d’eau
* Relevés topographiques
* Tests Beerkan : mesure de la vitesse d’infiltration de l’eau dans le sol
Nous avons mené ces observations et mesures avec Romane Collin, de l’association Pour une Hydrologie Régénérative (PUHR), qui suit le projet sur la partie instrumentation et capitalisation de la démarche globale.
L’ étude pédologique et géologique nous permet d’affiner notre lecture hydrologique.
En complément du contexte climatique, ces données sont nécessaires pour le design technique des aménagements. Elles sont rentrées dans un modèle hydrologique nous permettant de dimensionner justement les ouvrages.
Les contextes agricoles et fonciers ont permis de finaliser cette première phase d’étude (menée conjointement avec le Cabinet ETC) et d’aboutir à la définition de 3 zones où un plan d’aménagement ont été réalisés.
Fin d’étude et de design hydrologique : le jardin de pluie et un bassin d’infiltration
𝗭𝗼𝗼𝗺 𝘀𝘂𝗿… 𝗹𝗲 𝗷𝗮𝗿𝗱𝗶𝗻 𝗱𝗲 𝗽𝗹𝘂𝗶𝗲 💦
Au centre du village, les aménagements répondent aux objectifs suivants : créer des îlots de fraîcheur, déconnecter une partie du réseau d’eaux pluviales en favorisant l’infiltration, recréer un espace végétalisé harmonieux, accueillir la biodiversité…
Nous avons proposé de créer un jardin de pluie 🌿☔️ accueillant une multitude d’espèces végétales et des noues d’infiltrations au cœur du village.
Un travail de désimperméabilisation fera place belle au végétal multi-étagé où la gestion de l’eau de pluie est optimisée grâce aux diverses cuvettes et noues d’infiltration.
Le plan de masse et la conception détaillée du jardin de pluie ont été réalisés par la paysagiste Lise Maillard qui assure la maîtrise d’oeuvre des travaux d’aménagement de la Place du village, dont les chantiers ont démarré en ce début d’année.
𝗭𝗼𝗼𝗺 𝘀𝘂𝗿…𝗹𝗲 𝗯𝗮𝘀𝘀𝗶𝗻 𝗱’𝗶𝗻𝗳𝗶𝗹𝘁𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻
À proximité du centre du village, une parcelle agricole reçoit toute l’eau de ruissellement d’une route, qui elle-même collecte le ruissellement d’un bassin versant de quasi 10 ha, ce qui génère un fort ravinement.
Un bassin d’infiltration a été positionné en amont de ce ravinement et en-dessous de la route pour collecter les eaux de ruissellement.
Afin de limiter l’érosion du talus recevant les eaux de la route, des fascines (superposition de branchages positionnés de sorte à faire face aux écoulements) sont mises en place en amont du bassin. Arbres et arbustes y seront également plantés, en plus d’une haie en pied de digue.
Réhabilitation de la zone humide du village
L’ancienne zone humide du village avait été remplacée par une plateforme en remblais (blocs rocheux, grave et matériaux fins) pour la mise en place d’une citerne incendie.
La nouvelle zone humide devait notamment constituer une réserve ouverte de défense incendie (contrainte d’une capacité de pompage de 60 m3/h sur 2h), soit la nécessité de disposer d’un volume d’eau disponible d’au moins 120 m3 !
Un projet de terrassement a alors été pensé avec des cotes de surcreusement et de surverse bien précises afin que ce volume soit atteint.
Propositions d’aménagement du cours d’eau
💦 Nous pouvons retenir quelques éléments sur l’état actuel de l’Agnin :
- Morphologie : Chenal unique très profond et rectiligne avec une forte pente ;
- Hydraulique : non débordant ;
- Hydrologie : assec régulier ;
- Hydratation : en position de drain profond mais latéral ;
- Biologie : végétation déconnectée, cordon rivulaire (ripisylve) fragile et apiscicole.
Face à ce constat, l’idéal écologique serait de repenser la plaine. Mais un compromis réaliste amènerait plutôt à proposer une restauration de l’Agnin passant par :
🦫 L’implantation d’un complexe d’ouvrages comprenant des ouvrages castor-mimétiques et des embâcles fixés en berge.
🌱 La restauration de sa ripisylve.
Design agroécologique du territoire
Un territoire ne se limite pas à son cours d’eau : celui-ci est majoritairement constitué de parcelles agricoles.
Des aménagements agroécologiques sont alors pertinents d’être menés pour régénérer ce territoire de manière holistique. Le fameux tryptique eau – sol – arbre…
Un design a été effectué dans le foncier communal, mais également en dehors. En effet, en plus des haies champêtres, fossés à redents et mares proposés dans le foncier de la commune, d’autres mesures agroécologiques peuvent être menées sur le territoire communal :
– mares complémentaires en contexte agricole (plaine de Bondar et colline de Bagne),
– fossés à redents,
– arbres et arbustes isolés sur parcelles pâturées.
Un accompagnement auprès des exploitants agricoles pourrait aussi favoriser le changement de pratiques culturales vers plus de diversification, le maintien de plus de prairies permanentes et des techniques culturales simplifiées (limitation du travail du sol) ou idéalement du semis sous-couverts.
Automne 2025 : Restauration low-tech du cours d’eau
Un chantier participatif de 2 jours a été organisé par la commune et animé conjointement par Cédric Cadet et Brice le Maire de l’ Association MAPCa pour des rivières vivantes et Félix Grippon de PermaLab.
Il s’est déroulé sur deux jours, rassemblant une quinzaine de bénévoles chaque jour.
Historiquement l’Agnin passait au milieu de la plaine inondable, en amont du village. Le cours d’eau a été rectifié et plaqué en pied de coteau pour libérer de l’espace agricole. Il s’est peu à peu incisé, et de ce fait déconnecté de sa plaine inondable. Celle-ci ne jouant plus son rôle, des problématiques d’inondation sont survenus dans le village en aval. N’ayant pas la maitrise foncière sur la plaine agricole, nous avons travaillé donc sur une zone contrainte.
L’objectif de ces ouvrages sont multiples : faire reméandrer le cours d’eau pour ralentir le flux à l’intérieur du lit mineur, réduire l’incision (jusqu’à 2m d’incision constaté à certains endroits), adoucir la pente du lit mineur, re-complexifier les faciès d’écoulement, diversifier les habitats…
Les ouvrages ont été réalisé selon un module (répété 2 fois) de 5 ouvrages qui se succèdent dans cet ordre :
déflecteur de flux > mange berge rive droite > mange berge rive gauche > ouvrage castor-mimétique 1 > ouvrage castor-mimétique 2 (voir schéma ci-contre)
La rivière était encore à sec au moment du chantier, mais la rivière n’a pas mis longtemps à répondre puisque deux jours après le cours d’eau était en hautes eaux, avec déjà l’observation des premiers effets : réduction de la section d’écoulement provoquée par les manges-berges provoquant un flux important contre les berges, et sédiments commençant à s’accumuler en amont des ouvrages.
Maitrise d’ouvrage : Communauté de communes Bugey-Sud en partenariat étroit et fort avec Colomieu (Ain) qui a impulsé et porte le projet global d’hydrologie régénérative.
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